Accueil Agenda Bicentenaire du Consistoire
Bicentenaire du Consistoire

Mars 1832. Quelques hommes jeunes et entreprenants créent le Consistoire central israélite de Belgique. Ils s’appellent Adolphe Oppenheim, Henri Furth, Sigmund Benda, Adolphe Hauman, ou encore Henri Schuster, et sont généralement originaires d’Allemagne.

Bien sûr, l’organisme qu’ils mettent sur pied n’est pas réellement neuf. Ils s’inspirent là, dans le nom comme dans la forme, d’une institution créée par Napoléon vingt-cinq ans plus tôt, et perpétuée à l’époque où la Belgique était hollandaise.

1. Origines du Consistoire

Le 17 mars 2008, l’institution consistoriale célébrera ses deux cents années d’existence.

Les Consistoires furent créés par Napoléon comme conséquence du Grand Sanhédrin chargé de définir les conditions de la bonne intégration à l’Empire des Juifs nouvellement émancipés (1791). Le Consistoire devait en outre structurer la vie communautaire des Israélites de France et d’ailleurs. Il serait, désormais, le gardien du judaïsme, “religion officielle de France” comme l’avait décrété l’Empereur.

Adolphe Crémieux, deuxième Président du Consistoire Central de France

De là, auparavant indépendants, le rabbinat et les structures communautaires devenaient désormais nationaux, organisés suivant un modèle consistorial et ceci en analogie avec les assemblées calvinistes. Chaque région de France comportant au moins deux mille Juifs constitua un district doté d’un Consistoire, dirigé par deux rabbins et deux “laïcs”. Un Consistoire Central, établi à Paris, fut chargé de contrôler tous les Consistoires locaux.

Le système se verra rapidement étendu à divers pays conquis par la France, à savoir l’Italie, la Belgique, la Hollande, les quatre Provinces du Rhin et à la Westphalie, avec l’intention clairement perceptible d’offrir aux autorités des interlocuteurs identifiables lorsqu’il s’agissait, pour elles, de s’adresser à leurs concitoyens juifs, notamment en termes de gestion du culte, d’entretien des synagogues ou de service militaire.

C’est ainsi que, parmi d’autres, Louis Bonaparte, souverain de Hollande, dota, en 1806, les Juifs de son royaume d’un Consistoire sur le modèle français. Comme le fit, en 1808, Jérôme, roi de Westphalie.

Une fois structuré, le modèle survécut à la chute du Premier Empire. C’est ainsi qu’en 1845, un consistoire a été institué en Algérie. L’année précédente, pour la première fois, un Grand Rabbin national fut nommé en France.

Après la séparation de l’Eglise et de l’Etat survenue en 1905, les Consistoires français devinrent indépendants. Mais en Belgique, (et au Luxembourg) le lien organique avec l’Etat sera maintenu, vu que le jeune Etat belge, en 1832, avait accordé une large autonomie religieuse au judaïsme, mais toutefois avait prévu des subsides nationaux pour les activités et l’entretien du culte.

2. Le Consistoire central israélite de Belgique

En Belgique, la reconnaissance officielle du décret impérial de 1808 intervient en mai 1832. En application de la loi du 4 mars 1870 sur le “temporel des cultes”, qui règle les droits et les devoirs des cultes reconnus, un arrêté royal confirme, le 23 février 1871, l’existence de conseils d’administration auprès de cinq “synagogues” ou communautés qui existent à l’époque), notamment celles de Bruxelles, Anvers, Gand, Liège et Arlon, sous l’égide du Consistoire central israélite de Belgique.

La Grande Synagogue de Bruxelles, rue de la Régence

Actuellement, il y a dix-sept communautés israélites reconnues: trois à Anvers, une à Arlon, sept à Bruxelles, une à Charleroi, une à Gand, une à Knokke, une à Liège, une à Ostende et une à Waterloo. Le rôle de l’Assemblée Consistoriale est fort semblable à celui de l’Assemblée Générale d’une ASBL. Le Consistoire est dirigé par une Assemblée Consistoriale, formée par un ou plusieurs délégués choisis par les différentes communautés. La gestion journalière est assurée par le Bureau formé de six membres et présidé par un président qui est toujours un laïc.

Si, à l’origine, le rôle du Consistoire consiste à représenter les intérêts temporels du culte israélite auprès des autorités civiles, à être l’interlocuteur légal de l’Etat pour tout ce qui concerne la reconnaissance des communautés juives et la nomination de leurs ministres du culte, l’éventail des préoccupations consistoriales, est, aujourd’hui, fort étendu, allant du cultuel au culturel, en passant par l’enseignement, les musées et les médias.

C’est dans ce cadre polyvalent que le Consistoire contribue:
- à l’éducation juive, par l’intermédiaire de ses réseaux d’enseignement de la religion et par son appui aux deux Instituts universitaires d’Etudes du Judaïsme, établis à Bruxelles et à Anvers;
- à la préservation du patrimoine juif, grâce à la création du Musée Juif de Belgique et de l’Institut de la Mémoire Audiovisuelle Juive;
- à l’étude de l’histoire du judaïsme belge, par l’intermédiaire de la Fondation de la Mémoire Contemporaine, née à l’initiative du Consistoire;
- à la mémoire de la Shoah par l’intermédiaire du Musée juif de la Déportation et de la Résistance à Malines, autre initiative du Consistoire.

Dans le domaine des médias, le Consistoire produit des émissions télévisées se rapportant au judaïsme et publie la revue Les Nouvelles Consistoriales.

Ces responsabilités pluriformes sont assurées par des commissions chargées d’étudier - voire gérer - différents domaine de la vie juive: le Conseil académique, les commissions pédagogiques, la commission des relations pluralistes, la commission de la Femme, la commission des Finances, la commission juridique, la commission des Emissions, la commission des Archives, pour n’en citer que quelques unes.

Il convient, enfin, de souligner les nombreuses synergies développées conjointement par le Consistoire et d’autres institutions du pays, juives ou non, dans un cadre dont le fil conducteur principal est un dialogue interculturel, respecteux de l’autre.

Il ressort de ce qui précède que la célébration du deux centième anniversaire du Consistoire représente davantage qu’une simple commémoration historique. Le Consistoire est réellement devenu un symbole de l’hospitalité, la tolérance, les valeurs humanistes de ce pays et peut, en tout temps, servir de modèle futur pour un tellement nécessaire “vivre ensemble dans le respect des convictions de l’autre”.


Consistoire central israélite de Belgique
Président › Julien Klener
Adresse › 2 rue Joseph Dupont, 1000 Bruxelles
Tél. › 02 512 21 90
Fax › 02 512 35 78
Site web › www.jewishcom.be
E-mail › Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

"Pour tout vous dire", l'émission du CCOJB, CE JEUDI 17 MAI DE 17 A 18 heures,
"SPECIAL FRANCE-JUDAISME-ISRAEL: LE NOUVEAU GOUVERNEMENT FRANCAIS",
Henri BENKOSKI reçoit:
Stéphane JUFFA en direct d'Israël
Michel ZERBIB,Rédacteur en Chef de Radio J
Richard Prasquier, Président du CRIF

Radio Judaica 90.2 FM!

Copyright © Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique