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Le 22 juillet 2010 Chère Madame, Cher Monsieur,
C’est avec attention que j’ai lu votre message.
La presse s’est fait l’écho de l’initiative personnelle d’un psychanalyste, professeur d’université à l’UCL. Celui-ci, par l’intermédiaire d’un proche, a souhaité que je réagisse à son travail décrit comme basé sur la liberté scientifique. Il a effectué cette démarche bien avant que je ne sois chargé d’une mission de préformation par le Roi. Il plaidait pour une forme de pardon permettant de réconcilier le Nord et le Sud du pays, historiquement divisés sur la question de l’amnistie. Nous avons échangé quelques considérations, comme je le fais régulièrement lorsque des personnalités du monde académique me sollicitent. Jamais, bien entendu, je n’ai pris à mon compte cette revendication d’amnistie. Et pour cause : je partage la conviction des organisations qui se sont exprimées récemment, qu’il s’agisse des anciens résistants et déportés ou du Centre d’Action Laïque. Pas question d’effacer les fautes de ceux qui ont participé aux crimes du IIIe Reich. Je suis d’autant plus étonné de certaines interprétations que ce dossier ne figure absolument pas sur la table des négociations en vue de former un Gouvernement. Et vous l’imaginez aisément, ce n’est pas le PS qui prendra l’initiative d’ouvrir une telle discussion… Plus que jamais, le PS entend cultiver la mémoire de ceux qui ont souffert, de ceux qui sont morts dans des conditions horribles, et de ceux qui ont eu le courage de résister au nazisme. Notre travail au sein des différents Gouvernements, je pense, ne laisse planer aucun doute. Nous sommes ainsi à l’origine du « Décret Mémoire » qui systématise la transmission du souvenir aux élèves de Bruxelles et de Wallonie, et j’ai personnellement créé la Commission « Démocratie ou barbarie », lorsque j’étais Ministre de l’Enseignement en Communauté française, en vue de prémunir chaque enfant contre les différentes formes d’extrémisme et de les former à la citoyenneté démocratique. La polémique, vous le voyez, n’a aucun sens. Je vous remercie donc de votre vigilance et de la manière dont, entre fantasme et réalité politique, vous ferez la part des choses. Vous assurant de ma fidélité aux victimes des crimes nazis et à tous ceux qui sont restés debout durant cette période horrible de notre histoire, je vous prie d’agréer, chère Madame, cher Monsieur, l’assurance de mes sentiments dévoués. Elio Di Rupo
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