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Pavés de Mémoire: Discours du sénateur Francis Delpérée

Bruxelles · 13 mai 2009

Pour la première fois en Belgique, des Pavés de Mémoire ont été posés à Anderlecht, Bruxelles et Schaerbeek à l'initiative de l'Association pour la Mémoire de la Shoah. Les Pavés de Mémoire sont des petits cubes de laiton placés par l'artiste allemand Gunter Demnig en mémoire des victimes du nazisme, devant les maisons où elles ont habité avant d'être déportées pour être assassinées.

A Anderlecht, les Pavés de Mémoire en souvenir de Berek Swiatlowski et Pesah Swiatlowski-Koronczyk ont été posés devant la maison située 47 rue Jorez. A Bruxelles, le Pavé de Mémoire en souvenir de Itzic Jancou - dit Jacques - Zimmerman a été posé devant la maison située 37 rue du Lavoir. A Schaerbeek, les Pavés de Mémoire en souvenir de Salomon Karolinski et Elisabeth Orcher-Karolinski ont été posés devant la maison située 40 rue Vondel.

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DISCOURS DU SÉNATEUR FRANCIS DELPÉRÉE

Le 8 mai dernier, c’était l’anniversaire de la fin de la guerre. Le Parlement belge accueillait au palais de la Nation des prisonniers politiques, des anciens combattants, des rescapés des camps de concentration. Il accueillait aussi des lycéens et des collégiens venant de nos trois communautés.

Le Parlement organisait un dialogue entre eux et quelques parlementaires. En réalité, il organisait la transmission de la mémoire. Et je crois pouvoir dire que le message des témoins de la guerre et de la Shoah, sobre et réservé dans ses expressions, a impressionné ceux qui les ont entendus.

Mais les mots ne suffisent pas. Il faut aussi que des monuments dispersés dans la ville et dans la région témoignent de cette histoire partagée. Le Tir national, le Musée d’Anderlecht, les pelouses de nos cimetières… Ces bâtiments rappellent aux générations actuelles les tragédies tout à la fois individuelles et collectives qui ont été vécues au cours des guerres qui ont endeuillé le XXe siècle.

Les mots, les monuments… Il y a aussi ces pavés qui sont symboliquement placés dans les rues de la ville, en face des maisons où ont vécu, où ont souffert, où ont aimé des hommes, des femmes, des personnes âgées, des enfants qui, à raison de leur religion ou de la communauté à laquelle ils appartenaient, ont été traitées de manière inhumaine et déportées vers les camps de la mort.

Que tous ceux qui marcheront dans la rue, qui fouleront le pavé de nos rues, s’inscrivent dans la cohorte symbolique, entraînée dans une marche vers un avenir demain plus serein! Mais qu’ils sachent aussi que le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme ou la xénophobie ne s’inscrivent pas seulement dans un moment de l’histoire: ils peuvent resurgir à chaque coin de rue, y compris à Bruxelles. C’est la raison pour laquelle, au début février, j’ai demandé que tous ceux qui seraient condamnés pour de telles infractions, soient désormais bannis de nos élections et de nos assemblées, à quelque niveau que ce soit.

Je n’ai qu’un vœu à former. Que ces pavés témoignent de notre volonté de matérialiser cet engagement politique.

Sur “le pavé qui glisse”, comme dit Verlaine, nous devons désormais asseoir nos convictions et nos engagements.

 
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